Pan - Lucian Blaga
added by: Vasile Cornel

PAN

Couvert par des feuilles sèches, sur un rocher gît Pan.
Il est vieux, aveugle,
Ses paupières sont en pierre;
Il essaye en vain cligner des yeux,
Car il se sont fermé - comme les escargots en hiver.

Des gouttes chaudes de rosée tombent sur ses lèvres:
Une, deux, trois...
La nature nourrit son Dieu.

Oh, Pan!
Je le vois prendre une branche,
Caressant les bourgeons qui émergent.

L’agneau approche par des buissons,
L’aveugle l’entend et sourit;

Car il n’a Pan plus grande félicité
Que prendre dans ses mains la tête des agneaux
Cherchant petites cornes dans les boutons de laine.

Silence.

Autours les grottes bâillent sommeillantes,
Il se détendt, emprunte leur bâillement,
Et se dit:
„Les gouttes de la rosée sont grandes et chaudes,
Les cornes des agneaux poussent,
Les bourgeons grossissent...
Cerait-ce le printemps?”



Translator: Dan Psatta

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