Ta main
Ce n’est pas sans raison que ta main est légère
ou froide, lourde comme le plomb ou bien brûlante ;
son langage je le comprends et elle ne ment guère
comme il arrive parfois à son propriétaire.
Elle est comme une grande feuille posée, lisse
sur mon front, pour au frais le garder
et, quand parfois sur mes épaules elle glisse,
je sais si tu es ou si tu n’es pas fâché.
Dans mes cheveux, si blancs de ta main sont les doigts,
et si rêveurs que à une femme ils sont,
mais brûlent et ont la peine des dénudés bras
si fort que je me dis qu’aux bouts, des braises ils ont.
De ta main je connais la moindre ligne
tout comme par cœur elle aussi me connaît
et la veinule bleuâtre, la plus bénigne
et m’oublier jamais elle ne saurait.
Translator: Gabrielle Danoux
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