Violettes sauvages - Magda Isanos
added by: gabrielle danoux

La fée du printemps, cette année aussi,
de banalités plein le sac, s’est présentée,
malgré cela, nous nous sommes réjouis
comme si pour la première fois elle était arrivée.

En me grondant moi-même, enfin,
car je risquais d’abîmer mes souliers dans la boue,
je suis allée voir quelles fleurs étaient en train
d’éclore dans le vaste parc, tout près de chez nous.

C’était depuis longtemps que je n’avais plus senti
ce désir de vivre, cette hâte fébrile,
j’avais l’impression que sous mes pieds a frémi
la terre que le soleil saurait rendre fertile.

Les arbres nus me semblaient tout à fait charmants,
j’aurais voulu les prendre dans mes bras, les [embrasser].
Je passais près d’eux, comme ça, auparavant,
autant de fois, mais sans vraiment les regarder.

Difficile à dire pourquoi était si beau
le ciel bleu comme les robes dont se lavent les couleurs,
je l’ai regardé, la tête renversée vers le dos,
et je l’ai trouvé absolument enchanteur.

Ensuite, j’ai découvert les violettes sauvages,
près d’un chêne : elles étaient délicates et bleues,
des miettes de ciel dont le printemps de passage
nous fait don, parmi les troncs ombrageux.

Le cœur battant vite, je me suis inclinée,
j’étais sur le point de toucher à leurs feuilles,
et je ne sais pourquoi, par l’esprit m’est passée
l’idée que le verre n’est pour elles qu’un cercueil.

Vers la maison, je suis revenue,
les pas alourdis par un fatigué bonheur,
et si mes mains étaient aussi vides qu’au début,
j’avais des violettes sauvages dans le cœur.



Translator: Elisabeta Isanos

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