Glose
Le temps passe, Le temps revient,
Tout est neuf et tout est vieux
Que sont le mal et le bien
Te demande toi, parbleu !
N’espère pas et n’aie pas peur
Car les vagues comme des vagues passent,
S’ils t’appellent avec vigueur
Toi, garde ta cuirasse !
Devant nous passent beaucoup de choses,
Beaucoup sonnent à l’oreille.
Qui se rappelle chaque rose ?
Qui écoute toute merveille ?
Toi, restes de ton côté
Retrouvant ton maintien
Lorsque avec sa vanité
Le temps passe, le temps revient...
Tournes pas même sur les pointes
Tes principes et ta rigueur
Vers cette réalité changeante
Pour un masque de bonheur.
Elle renaît de son passé
Et ne dure que très peu ;
Pour celui qui la connaît
Tout est neuf et tout est vieux.
Spectateur comme au théâtre,
Toi, écoute chaque parole ;
Même si quelqu’un pose pour quatre
Tu devineras son rôle.
Et s’ils hurlent les comparses
Amuse toi, ne crains rien,
Tu comprendras de leur farce
Que sont le mal et le bien.
Le passé et le futur
Sont les deux aspects des choses ;
Connaîtra bien leur nature
Qui comprend métamorphoses.
Choses futures et choses passées
Sont présentes au milieu,
Mais de leurs utilité
Te demande toi, parbleu!
Car toujours aux mêmes aires
Se soumettent ceux qui existent,
Et depuis des millénaires
Le monde est heureux ou triste.
Autres masques, le même spectacle ;
Autres bouches, la même rencoeur.
Echappé comme par miracle,
N’espère pas et n’aie pas peur!
N’espère pas quand les voyous
Trouvent la voie sur le marché,
Te dépasseront les fous
Même si tu serais marqué.
Assidus ils font campagnes,
Tu verras comme ils s’enlacent;
Ne deviens pas leur compagne
Car les vagues comme des vagues passent.
Avec des chants de sirène
Le monde t’attire dans ses gouffres ;
Pour changer acteurs en scène
Il pourchasse ceux qui souffrent.
Ne quitte pas ta redoute,
Evite leur appel menteur ;
N’abandonne pas ta route
S’ils t’appellent avec vigueur.
Pas un geste quand ils vous veillent,
Pas de réponse aux bavures ;
Que veux tu de tes conseils,
Quand tu connais leur mesure?
Qu’ils disent ce qu ils veulent dire,
Passe au monde ce qui passe;
Pour que rien ne t’inspire,
Toi, garde ta cuirasse.
Toi tu gardes ta cuirasse
S’ils t’appellent avec vigueur,
Car les vagues comme des vagues passent ;
N’espères pas et n’aie pas peur.
Te demande toi, parbleu,
Que sont le mal et le bien ;
Tout est neuf et tout est vieux...
Le temps passe, le temps revient.
Translator: Dan Psatta
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