Oh, mère
Oh mère, douce mère, du gouffre plein d’effroi
Par le langage des feuilles tu me demande à toi;
Au dessus de la cripte noire du très sacre couvent
Les accacias s’agittent dans la pluie et le vent...
Ils frappent légèrement leurs branches, imitent ton discours,
Toujours vont ils se tordre, tu dormira toujours.
Quand je mourrai ma mie, j’implore ne pleures pas,
Du tilleul saint et pur une branche tu arrachera
Pour l’enterrer ensuite soigneuse à mon chevet,
Elle poussera hautaine, par tes larmes arrosée...
La sentirai-je une fois ombrant la fin du jour,
Toujours croîtra son ombre, je dormirai toujours.
Et si par chance ensemble nous mourrons embrassés,
Qu’ils ne nous portent pas dans des tristes cimtiers,
Qu’ils nous creusent la fosse auprès d’un ruisseau,
Qu’ils nous mettent tous deux dans le même tombeau...
Tu sera à jamais près de moi, mon amour,
Toujours pleureront les vagues, nous dormirons toujours.
Translator: Dan psatta
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